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La diaspora tunisienne : réussir dans le monde, garder un pied en Tunisie

La diaspora tunisienne n’est plus une population qu’il faudrait simplement chercher à faire revenir. Elle constitue une partie de la Tunisie qui vit dans le monde. L’enjeu n’est donc pas de demander aux Tunisiens de l’étranger de choisir entre leur pays d’accueil et la Tunisie. Il s’agit plutôt de leur donner la possibilité de réussir dans les deux espaces, en créant des liens économiques, professionnels, entrepreneuriaux, scientifiques et humains durables avec leur pays d’origine. C’est là que se trouve un enjeu stratégique majeur pour la Tunisie. La diaspora tunisienne ne représente plus uniquement une source de transferts financiers. Elle constitue également un véritable réservoir de compétences, de réseaux internationaux, d’entrepreneurs, de chercheurs, d’investisseurs et d’ambassadeurs de la Tunisie à travers le monde. Le changement essentiel serait donc de passer d’une logique consistant à « attirer les Tunisiens de l’étranger » à une nouvelle approche : « construire avec les Tunisiens du monde ». Par où commencer ? Pour concrétiser cette vision, plusieurs initiatives pourraient être mises en place dans le cadre d’un programme national simple, moderne et concret. 1. Créer un « Passeport Diaspora » Il ne s’agirait pas d’ajouter un nouveau document administratif, mais de créer une plateforme numérique unique dédiée à la diaspora tunisienne. Chaque Tunisien vivant à l’étranger pourrait y renseigner : ses compétences et son expertise ; son pays de résidence et son réseau professionnel ; ses projets ; ce qu’il peut apporter à la Tunisie ; ce qu’il recherche en Tunisie. L’objectif serait de passer d’une diaspora statistique à une diaspora identifiée par ses compétences, ses projets et ses aspirations. Cette plateforme pourrait également faciliter la mise en relation entre les Tunisiens du monde, les entreprises, les universités, les startups, les investisseurs et les institutions tunisiennes. 2. Ne plus demander à la diaspora de « rentrer » C’est probablement l’un des changements culturels les plus importants à opérer. Un jeune Tunisien qui réussit à Paris, Montréal, Berlin, Londres ou Dubaï n’a pas nécessairement besoin de revenir définitivement en Tunisie. Il faut plutôt lui permettre d’avoir un pied en Tunisie : travailler à l’étranger + investir en Tunisie + transmettre son expertise + créer un projet + accompagner un jeune Tunisien + venir régulièrement. La réussite à l’étranger peut ainsi devenir un avantage pour la Tunisie et non une perte. Le développement des outils numériques permet aujourd’hui de collaborer, de transmettre des compétences, d’investir et de créer de la valeur à distance. 3. Créer un « Diaspora Lab » Il serait également pertinent de créer un réseau permanent reliant : Diaspora → Universités → Startups → Entreprises → Administration → Investisseurs Ce réseau pourrait proposer des programmes de mentorat et de collaboration très concrets. Par exemple : Une ingénieure tunisienne à Paris accompagne pendant six mois une jeune startup tunisienne spécialisée dans l’intelligence artificielle. Un médecin tunisien au Canada intervient quelques heures par mois auprès d’une équipe médicale tunisienne. Un financier tunisien à Londres accompagne plusieurs PME tunisiennes dans leur accès aux marchés internationaux. L’idée est simple : la compétence peut circuler même lorsque la personne ne revient pas définitivement en Tunisie. 4. Créer un fonds d’investissement « Diaspora Tunisia » La Tunisie pourrait également proposer à sa diaspora un dispositif d’investissement moderne, transparent et professionnel. À titre d’exemple : 100 000 Tunisiens × 1 000 € = 100 millions d’euros de potentiel d’investissement. Un tel fonds devrait naturellement reposer sur une gouvernance professionnelle, transparente et indépendante, avec des mécanismes clairs de suivi et de contrôle. Il pourrait notamment contribuer au financement de projets dans des secteurs stratégiques : startups et innovation ; industrie ; tourisme durable ; agriculture intelligente ; numérique et intelligence artificielle ; santé ; énergies renouvelables ; économie circulaire. La diaspora deviendrait ainsi un véritable partenaire du développement économique, et pas uniquement une source de transferts financiers. 5. Organiser chaque année un « Tunisia Diaspora Summit » Il ne s’agirait pas d'organiser une conférence institutionnelle supplémentaire. L’objectif serait de créer un véritable marché des compétences, des projets et des opportunités. Chaque année, par exemple à Tunis, ce rendez-vous pourrait réunir : 1 000 jeunes Tunisiens du monde ; 500 entrepreneurs tunisiens ; des universités ; des entreprises ; des investisseurs ; des startups ; des organismes d’accompagnement. Le programme pourrait intégrer des rendez-vous B2B, des appels à projets, du recrutement, du mentorat, des rencontres avec des investisseurs et la conclusion de contrats. L’objectif serait de transformer la rencontre annuelle en véritable plateforme de création de valeur. 6. Et surtout : changer le regard administratif C’est probablement le point le plus important. Le Tunisien qui revient en Tunisie pour investir ou lancer un projet doit pouvoir avoir le sentiment : « Mon pays m’attend et facilite mon projet. » Et non : « Je vais devoir me battre contre l’administration pour réaliser mon projet. » Pour cela, il faudrait mettre en place un guichet Diaspora 100 % numérique, avec un accompagnement personnalisé, des procédures simplifiées et des délais clairement définis. L’objectif serait de faire de l’administration un facilitateur de projets, plutôt qu’un obstacle. Un programme pilote pour commencer par la jeunesse Il n’est pas nécessaire d’attendre la mise en place d’un dispositif national complet pour commencer. Un programme pilote pourrait être lancé autour d’une idée simple : « 1 Tunisien du monde → 1 projet en Tunisie → 1 jeune accompagné » Pendant une première année, 500 Tunisiens de la diaspora pourraient être mobilisés afin de : investir ou contribuer à un projet en Tunisie ; accompagner un jeune Tunisien ; transmettre leur expertise ; participer à un projet associatif ou entrepreneurial ; effectuer au moins une mission professionnelle en Tunisie. Ce type d’initiative permettrait de créer progressivement un réseau de compétences et de relations entre les Tunisiens du monde et la nouvelle génération en Tunisie. Construire avec les Tunisiens du monde La diaspora tunisienne représente une richesse considérable pour le pays. Mais cette richesse ne doit pas être considérée uniquement sous l’angle financier. Elle représente également des compétences, des expériences, des réseaux, des idées, des marchés et des opportunités internationales. La question n’est donc plus seulement : « Comment faire revenir les Tunisiens de l’étranger ? » La vraie question devrait être : « Comment construire avec les Tunisiens du monde ? » C’est en changeant cette perspective que la Tunisie pourra transformer sa diaspora en véritable force de développement. Tunisien du monde pourrait ainsi devenir bien plus puissant qu’une simple campagne patriotique : un véritable réseau mondial de compétences, d’investissement, d’innovation et de solidarité au service de la Tunisie. #ATCDF #DiasporaTunisienne #ClubTT #PlateformeNumerique #TunisiaDiasporaSummit

  • Août 08, 2026

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  • Mai 28, 2026

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TATAOUINE sur la Route des Ksour Par Adel Mhenni

“J’ai eu la chance de parcourir une partie de la Route des Ksour, dans le sud tunisien.Un voyage inoubliable au cœur d’un patrimoine millénaire, où la pierre, la terre et le vent racontent l’histoire d’un peuple ingénieux : celui des Amazighs « hommes libres »  du désert.” Qu’est-ce qu’un ksar ? Les ksour (pluriel de ksar) sont d’anciens greniers fortifiés bâtis en pierre et en terre.Ces merveilles d’architecture berbère servaient autrefois à protéger les récoltes et les biens des communautés rurales. Chaque famille possédait une cellule, appelée Ghorfa, où l’on entreposait blé, dattes, huile et objets précieux.Le ksar, souvent construit au sommet d’une colline, jouait aussi un rôle défensif : il abritait les villageois en cas d’attaque.Mais au-delà de leur fonction pratique, les ksour symbolisent la solidarité et l’ingéniosité des peuples du désert. L’ingéniosité architecturale berbère Chaque ksar est une leçon d’intelligence écologique. Les bâtisseurs savaient tirer parti du climat et du relief :* Orientation selon les vents pour aérer les Ghorfas * Doubles murailles pour cacher les réserves* Portes étroites pour éviter le vol* Jarres géantes remplies d’huile conservées à température stable Ces détails, racontés par les rares habitants encore sur place, donnent la mesure d’un savoir-faire millénaire adapté à un environnement rude. Les joyaux du sud tunisien : Ouled Sultane, Hdada, Halouf et Zamour C’est autour de Tataouine que se concentrent les plus beaux ksour de Tunisie.Le Ksar Ouled Sultane, sans doute le plus célèbre, impressionne par ses quatre étages de Ghorfas superposées et sa couleur ocre dorée. Construit au XVe siècle, il est l’un des monuments les plus photogéniques du pays.Plus au nord Ksar Hdada séduit par son atmosphère mystique. Il a d’ailleurs servi de décor à la saga Star Wars, un clin d’œil galactique à ce décor saharien intemporel.D’autres Ksour comme Ksar Halouf et le Ksar Zamour, plus discrets mais tout aussi fascinants, se dressent au milieu de paysages arides d’une beauté saisissante.D’autres Ksour inaccessibles comme celui d’El Barzalia ou Ksar Bou Lassouar, il faut beaucoup d’efforts et surtout un guide locale qui connait le terrain. Médenine, la cité aux mille greniers À Médenine, les ksour prennent une forme différente : les Ghorfas qui sont disposées à même le sol, autour de cours intérieures protégées.Le Ksar Médenine, restauré avec soin, a retrouvé une nouvelle vie. Ses anciennes cellules accueillent aujourd’hui des boutiques d’artisanat et un petit musée ethnographique, où l’on peut revivre la mémoire du Sud tunisien. Un patrimoine à sauvegarder Selon les estimations, un tiers seulement des ksour sont encore en bon état. Les autres souffrent de l’abandon, de l’érosion et des intempéries.Des projets de réhabilitation, comme Destination Dahar soutenu par l’UNESCO, s’efforcent de préserver ces trésors de l’architecture vernaculaire.Heureusement, certains ksour connaissent une renaissance : transformés en maisons d’hôtes, en espaces culturels ou en décors de tournage, ils attirent de plus en plus de visiteurs curieux de découvrir le vrai visage du sud tunisien. Un voyage hors du temps Explorer la Route des Ksour, c’est bien plus qu’une simple excursion : c’est une plongée dans l’âme du Sud tunisien.Entre désert, montagnes et villages troglodytiques, ces forteresses de terre et de pierre rappellent la force, la créativité et la mémoire d’un peuple.À travers leurs murs d’argile et leurs ruelles silencieuses, les ksour nous rappellent que la beauté naît souvent de la simplicité et du lien profond entre l’homme et son environnement.      

  • Juin 09, 2026

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